Avec 2,3 % de son PIB investi en R&D, près de 80 % des jeunes accédant à l’enseignement supérieur et un investissement par étudiant parmi les plus élevés de l’OCDE, la Norvège compte parmi les 20 pays les plus innovants au monde. Naval Group y développe des partenariats académiques et scientifiques de haut niveau pour y mener des projets de recherche collaboratifs « à double usage », dont les applications dépassent le militaire pour irriguer l’industrie et le civil.
Les partenariats locaux, un prérequis
En contrepartie à la réalisation de grands programmes industriels, et à l’instar de la plupart des pays du monde, la Norvège demande aux acteurs étrangers qu’ils collaborent avec ses écosystèmes académiques, scientifiques et industriels dans des projets d’intérêt commun. Dans la perspective éventuelle d’accompagner les futures frégates de défense et d’intervention (FDI) de la marine norvégienne dans l’évolution de leurs capacités à partir de 2034, Naval Group a élaboré un plan de R&D dédié. Pour être prêt à le déployer et accélérer l’innovation, il noue dès aujourd’hui des partenariats de recherche collaborative avec des acteurs locaux.
« Nous avons conçu un plan de R&D pour être en capacité, si nous sommes choisis, de développer avec l’écosystème de recherche norvégien les innovations qui accompagneront l’évolution des frégates norvégiennes sur tout leur cycle de vie », explique Emmanuel Brochard, en charge des partenariats de R&D européens. Quelle que soit l’issue de l’appel d’offres norvégien, Naval Group s’engage sur le long terme à développer des projets de recherche dans des domaines clés pour la défense navale française et la Norvège.
Des partenariats de tout premier plan
Socle de cette démarche, le partenariat avec le centre de recherche NORCE fait l’objet d’un accord de coopération (Partnership Cooperation Agreement) depuis le 31 mars 2025. Trois domaines de recherche ont été identifiés : transformation digitale et technologies de l'information (IA, big data, cybersécurité, IoT), énergies (nouveaux carburants, batteries, smart energy management), et technologies sous-marines (communications sous-marines, senseurs intelligents). NORCE, l’un des principaux centres de recherche du pays, dispose d’une expertise reconnue dans ces domaines. Le climat, le pétrole, la santé et les sciences sociales comptent parmi ses autres champs d’expertise.
Le centre de recherche SINTEF Ocean fait également partie des partenaires de Naval Group. Sa mission ? Mener des travaux de recherche et d’innovation pour soutenir le leadership de la Norvège dans les technologies marines et la recherche biomarine. Déjà associés à de nombreuses reprises au sein de consortiums européens dans le cadre du Fonds Européen de Défense, SINTEF et Naval Group ont signé le 24 avril dernier un accord de coopération R&D à bord de la frégate Aquitaine en escale à Trondheim.
Parmi les autres partenaires stratégiques de Naval Group en Norvège figurent NTNU (Université norvégienne des sciences et de la technologie et première université du pays) et le laboratoire de recherche du ministère de l’éducation et de la recherche SIMULA, avec lesquels des accords de coopération devraient également être conclus.
Un atelier d’experts pour définir de premiers projets
Les partenaires veulent dès maintenant entrer en action. Pour cela, de premiers ateliers de R&D sont prévus à l’été 2025 pour prioriser les projets autour de trois thématiques : la transformation digitale des navires, l’écoconception et efficacité énergétique et les technologies sous-marines.
« La Norvège dispose d’un très haut niveau de compétence en recherche fondamentale et appliquée, avec notamment des infrastructures technologiques de pointe pour simuler et tester les innovations plus matures. Les Norvégiens ont en outre une excellente culture de la collaboration et un grand sens du collectif, associés à des valeurs de rigueur et de clarté dans le travail ». Dotée d’importants budgets pour le financement de la R&D, la Norvège s’impose comme un partenaire d’excellence pour faire avancer l’innovation dans la défense navale et développer des cas d’usage dans d’autres domaines du civil et de l’industrie.
Retrouvez notre dossier sur l’innovation à l’international dans Naval Review #2.